Au
premier coup d’œil, elle peut vous séduire, mais il faut savoir
conserver la tête froide. Effectuer une inspection minutieuse de la
moto d’occasion convoitée permet de mettre toutes les chances de son
côté et de négocier le prix d’achat…
Posez des questions au
vendeur, s'il note les vidanges et l'entretien dans un carnet (bon
signe), vérifiez aussi la concordance des numéros châssis et moteur
avec la carte grise!
Faites le tour du véhicule avec minutie...
Le
premier coup d’œil peut être piégeux car vous pouvez être séduit
si l’engin est rutilant mais un bon ravalement de façade est loin
de suffire pour estimer la vétusté interne. A l’inverse, ne vous
laissez pas repousser si l’engin est “dans son jus”. Cela vous
permet de juger de l’état réel de l’entretien, de la présence
d’oxydation et d’éventuels suintements d’huile . En
cas de trace manifeste de chute, interrogez le vendeur sur les
circonstances de l’accident et si un contrôle du cadre a été
effectué. Fuyez les boites de vitesses bruyantes les moteurs qui
cognent et les fumées importantes, signes de gros frais en
perspective...
Examinez la fourche et la suspension arrière
Pour vérifier l’état de la fourche, alignez à l’œil les deux tubes
. Jouez sur les reflets de lumière : ceux-ci doivent être tous
parallèles. Une fourche vrillée ou un tube tordu se trahit
facilement. Profitez-en pour traquer toute présence de gras
suspect sur les tubes de fourche, qui pourrait révéler la fatigue
des joints spi, qui sont alors à remplacer. Pour le ou
les amortisseurs arrière, pas de suintement d’huile comme pour la
fourche. Compressez l’arrière de la moto et relâchez. Vous devez
sentir le travail de l’amortissement hydraulique. Si la course
n’est pas du tout freinée en détente, c’est mauvais signe.Ne
négligez pas les roulements de colonne de direction atteints par
la fatigue : en tournant le guidon, roue AV levée, vous sentirez
les points durs. Vérifiez aussi le jeu a la colonne, moto sur la
béquille centrale.
Inspectez les pneus
Pour
évaluer l’usure des pneus, ce sont les sculptures les moins
profondes qui comptent. Méfiez-vous des pneus secs, craquelés sur
les flancs. Ce sont de véritables “savonnettes” qui préfigurent
généralement des motos qui font peu de kilomètres en plusieurs
années. Profitez en pour vérifier le voile des jantes. A l'aide
d'un crayon, mine contre la jante, faites tourner la roue.
Evaluez l’usure des freins
Sans
aucun démontage, vous pouvez contrôlez
l’épaisseur des plaquettes (freins à disques), qui ne doivent pas
faire moins de 2 mm. N’hésitez pas à utiliser une
lampe de poche pour y voir plus clair car il faut savoir que
l’usure des disques de freins est bien plus préjudiciable que
celle des
plaquettes. En outre, un disque anormalement creusé ou
rayé est très onéreux à remplacer. Attention également aux étriers
qui commencent à gripper : freinez, relâchez, poussez la moto à la
main. Elle ne doit pas se freiner toute seule.
Vérifiez le kit chaîne
L’examen
du réglage de tension de la chaîne n’est pas forcément concluant.
Essayez plutôt de décoller la chaîne de la couronne arrière en la
tirant vers l’extérieur. En très bon état, elle ne bouge quasiment
pas. En cas de forte usure, on peut passer un crayon entre la
chaîne et le creux d’une dent.
Les échappements
Si
la corrosion pointe son nez sous la peinture ou le chrome, cela
annonce la mort prochaine des silencieux . Dans le cas d’un
échappement inox, tenez compte des traces de chute pour négocier
le prix, vu le coût de cet équipement. Une chicane baladeuse émet
un bruit de casserole quand on tape le pot. Passez un doigt
inquisiteur dans la sortie du pot d’échappement. Il ne doit pas
ressortir gras sur un 4-temps. La présence de noir de fumée révèle
soit une carburation déréglée, soit une utilisation prolongée avec
un filtre à air encrassé.
L'essai sur route
Il n’est pas du tout évident pour le vendeur de confier sa moto à
un inconnu. Cela peut poser des problèmes de vol ou d’assurance.
Cependant, on ne doit pas vous refuser l’essai en qualité de
passager, ce qui vous permettra de jauger les capacités de la
machine. Soyez attentif à tous les bruits : trous à
l’accélération, pétarades, embrayage qui patine, vitesse qui
saute, couinement, etc. Après l’essai, une fois le moteur
bien chaud, traquez toutes les fuites ou suintements d’huile.
Observez la couleur de la fumée d’échappement. Si elle est noire,
c’est que la carburation est trop riche. Si elle est blanche,
c’est qu’il y a présence d’eau (normal par temps froid et humide)
qui peut provenir d’une fuite du refroidissement liquide. Bleue,
c’est le signe que la machine consomme trop d’huile. En cas de
doute sur la consommation d’huile, laissez tourner le moteur bien
chaud au ralenti, puis accélérez d’un coup : s’il lâche un nuage
de fumée bleue, il est fatigué.